[Critique] The family

On n’est jamais mieux qu’en famille.

Plus de dix ans après sa mort présumée, Adam Warren, le fils d’une femme politique de l’État du Maine, refait surface… [Résumé AlloCiné]

The Family me pose un grave problème éthique : dois-je vous parler d’une série qui m’a emballé même si elle a été déprogrammée au bout d’une saison et que votre petit cœur va être brisé ? Ou dois-je me taire et vous laisser dans cette paisible méconnaissance de The family ?

Et vu que maintenant j’ai Google, la réponse m’est venue (presque) d’elle-même : « Mieux vaut avoir aimé et perdu ce qu’on aime que de n’avoir jamais connu l’amour. » Alfred, Lord Tennyson. Donc, c’est parti.

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The Family se déroule aux États-Unis, lors d’une course pour le poste de Gouverneur du Maine. Claire WARREN a construit sa campagne sur l’unité familiale et la lutte contre les prédateurs d’enfants ; parce que la Famille, c’est la vie ! Et les autres, c’est le mal ! Cependant, dans un poste de police local, un jeune homme se présente comme Adam WARREN, son fils assassiné 10 ans plus tôt par le voisin pédophile, qui a été condamné pour ce crime. Qui est cet adolescent ? Comment cette réintégration au sein de la cellule familiale va-t-elle se dérouler ?

Il faut bien reconnaître qu’avec la profusion de séries à notre disposition trouver de bons rebondissements est difficile. Donc je ne vais pas vous vendre cette série comme une œuvre révolutionnaire qui vous coupe le souffle toutes les 2 secondes (je suis une personne honnête et sympa). Mais, même si quelques twists se devinent facilement, la construction du scénario est par contre parfaitement équilibrée : un rythme soutenu sans retournements de situation exagéré. Beaucoup d’événements vous prennent par surprise. L’histoire est bien construite et la psychologie des personnages fouillée. Parce qu’il faut avouer que ce qui fait tout l’attrait de cette petite série efficace ce sont les protagonistes.

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Chacun a ses petites obsessions, la mienne, je le confesse : la construction des personnages féminins (je sais, vous ne l’auriez jamais deviné…). Là, j’ai été servie ! Claire WARREN, interprétée par Joan Allen (Les brumes d’Avalon – Je viens d’apprendre qu’il y a une adaptation de ce bouquin de mon adolescence !), est une femme ambitieuse, déterminée, qui a fait de sa souffrance un cheval de bataille autant qu’un élément marketing. Mais, mon personnage préféré demeure celui de la fille de la fratrie, Willa (Alison Pill) : une jeune femme tout en contrôle d’elle-même et des autres qui essaye d’empêcher l’éclatement de son noyau familial. Mention spéciale pour le voisin pédophile, personnage nuancé qui repousse encore un peu plus loin le schéma manichéen du gentil et du méchant, en posant la question du passage à l’acte. Beaucoup d’autres personnages méritent le détour, mais ceci n’est pas un annuaire.

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Le choix final vous revient: être absorbé pendant 12 épisodes dans l’intrigue prenante de The Family et crier à la fin, tel William WALLACE, « POURQUOIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII ? » (vérité historique!) OU préférer une histoire avec un vrai dénouement. Tous les sérievores connaissent ce frisson, aurais-je droit à une conclusion digne de ce nom ou serais-je condamnée à vivre avec un cliffhanger cruel suite à une déprogrammation brutale ? (Et je ne parle pas de l’âge de George R. R. Martin!). Pour ma part, malgré la frustration et comme le disait Edith, je ne regrette rien.

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Le point Guly
Auteur : Le point Guly

Alterne entre licornophilie et serial-killer-mania. Souvent considérée comme une stupide créature mythologique. A une mortelle ennemie : la pâte d’amande.