[Critique] A Perfect Day

« Sweet dreams are made of this… »

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Lors du Printemps du cinéma, je me suis retrouvée dans une salle obscure sans autre indication sur le film projeté que son titre, A perfect day, et le nom de son réalisateur, espagnol. Contre toute attente, ce long-métrage traite d’une mission humanitaire (Aids Across Borders), « quelque part dans les Balkans », en 1995.

Contexte difficile donc, pour cette fine équipe constituée de Mambru (Benicio del Toro), Sophie Richard (Mélanie Thierry), l’infatigable B. (Tim Robbins) et d’autres.  L’intrigue tient sur 2 jours, d’une banalité tragique dans ce pays dévasté. Le film se révèle peu à peu en vaine épopée : un cadavre a été jeté dans un puits pour le contaminer, et tous les efforts humains sont incapables de le retirer. La corde casse, mais comment en trouver une autre ?

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En ces temps de guerre, chaque minuscule action nécessite d’insoutenables efforts. Les héros passeront ainsi leur journée sur la route, gênés dans leur aide par d’interminables questions de diplomatie, et de négociations avec les Nations Unies. Comment accomplir sa mission humanitaire avec des bâtons dans les roues à chaque instant ? D’autant que l’horreur se trouve souvent au tournant…

Le film traite subtilement de ces questions, et dépeint avec une justesse parfaite le caractère de chacun des protagonistes… Membru le désabusé, Sophie l’idéaliste inexpérimentée… Les humanitaires n’en oublient pas d’être des humains, avec leurs passions et leurs erreurs. Eux aussi sont victimes des incohérences et de la violence du conflit.

En bref, A perfect day est un film à voir absolument, une heure et quarante-six minutes d’émotions intenses et variées, sublimées par la bande-son rock. Promis, vous n’écouterez plus jamais Sweet Dreams de la même façon.

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Alimar
Auteur : Alimar

Une petite taille compensée par un appétit monstre : gastronome en herbe et lectrice assidue ! Une préférence pour les manuels d’histoire poussiéreux toutefois. Ennemies mortelles : les fautes d’orthographe.