[Critique] Pentatonix : le Retour

« Hello, acafellas ! »

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Qu’ouïs-je? Qu’entends-je? Qu’acoustiquai-je? (ou plutôt que vois-je? Que lis-je? Que déchiffrai-je?
Mais là n’est pas la question!!)
Quel vil manant ose salir de ses odieuses paroles ce véritable bonheur pour les oreilles?
C’est donc la télévision qui a perverti son âme, ses oreilles et ces pauvres Ptx au passage!!!

Pour avoir écouté et regardé en boucle (oui j’avoue tout) de nombreuses fois leurs vidéos sur youtube, et possédant trois de leurs albums, je suis bien loin de partager cet avis, posté il y a quelques temps par une personne en qui j’avais, autrefois, toute confiance.

Après avoir ruminé ma vengeance, pesé le pour et le contre, réécouté le tout et mangé du chocolat (pour le magnésium, bien sûr, et me donner du courage), il est l’heure pour moi de porter secours à cet excellent groupe de chanteurs a capella, et de redorer leur blason!! Hardi!!

Avant tout, une petite présentation du groupe:

Pentatonix est la réunion de 5 talents, 4 sémillants jeunes hommes et une charmante jeune femme, chacun baignant dans la musique depuis leur plus jeune âge et ressortissant d’écoles d’Arts et de Musique américaines.

Le groupe est tout d’abord formé par Scott Hoying (l’immense blond), Mitch Grassi (le petit brun de plus en plus hipster gotho) et Kirstie Maldonado (certes, pas de commentaire, il n’y a qu’une fille); ils commencent à se produire seuls, puis un ami les aiguille vers le concours américain The Sing-Off. Cependant il faut être au moins 5 pour participer, et c’est ainsi que se joignent au groupe Kevin Olusola (l’homme beatbox et violoncelliste), repéré pour ses vidéos sur youtube et Avi Kaplan (l’autre petit brun, aux cheveux plus ou moins longs), rencontré par l’intermédiaire d’une connaissance de Scott.

Ainsi formé, le groupe prend le nom de Pentatonix (je ne vous explique pas pourquoi…), et l’histoire commence: après une victoire remarquable de la 3ème édition de The Sing-Off, en 2011, le groupe enchaîne les millions de vues, sort un album en 2012 et commence, la même année, une tournée à travers les États-Unis. Le succès est encore et toujours au rendez-vous, et les tournées s’enchaînent, dont une en Europe en 2013. Leurs vidéos cartonnent à chaque sortie, et ils finissent actuellement une tournée qui s’est déroulée pendant l’été 2015, The On My Way Home Tour.

Pour faire court, ils sont trop forts. Si si!

ptx2013_photo_gal__photo_1681503475Leurs voix s’accordent à la perfection, et ils fournissent un véritable travail de composition, qui leur vaut d’ailleurs, en 2015, un GRAMMY Award for Best Arrangement, Instrumental and A Cappella pour leur medley “Daft Punk”; oui oui, celui-là même critiqué en ces lieux quelques mois plus tôt! Alors, vivent les années 90 et le bleu néon (qui va plutôt bien à l’univers de Daft Punk, d’ailleurs, #Tron), et surtout concentrons-nous plutôt sur ce qui entre dans nos oreilles!!

Mais avant, en bon défenseur de la note et du son, je souligne que cette vidéo en est à presque 154 000 000 vues en moins de 2 ans (dans les dents, haters!). A bon entendeur…(et c’est de circonstance).

Quelle est donc la cause, me direz-vous (ou pas, je ne sais pas je ne vous entends pas!), de cet engouement pour la basse classe de la musique, la chorale a cappella?

pitch-perfect-523b68ccaffc3Pensons au film Pitch Perfect (2012) qui traite des concours de chorale a cappella universitaires, (The Hit Girls en français ou pourquoi modifier un titre pour l’adapter à la mauvaise tranche d’âge), qui s’est emparé du net notamment par la fameuse cup song malgré une sortie peu remarquée au cinéma; cela a engendré un tel succès qu’un Pitch Perfect 2 a pu voir le jour cet été! Ainsi les vidéos de covers et autres mashups font un carton sur la toile, et à mon humble avis, une certaine série appelée Glee et débutée en 2009 n’y est sûrement pas pour rien. D’ailleurs, c’est pour participer à un concours pour Glee que les trois premiers membres du groupe se sont d’abord lancés, et notons que Pentatonix fait une apparition dans Pitch Perfect 2… et la boucle est bouclée.

Mais, alors, et le succès de Pentatonix, au milieu de toutes ces vidéos?? C’est bien simple: ils sont bons.

Ça ne vous suffit pas? Vraiment? Bien, je vais analyser un peu plus, mais c’est bien pour montrer à une certaine personne qu’elle a tort et qu’elle doit revoir son jugement parce que c’est vous.

PENDA002Tout d’abord, les Pentatonix ne font pas que reprendre les chansons; ils les interprètent et les réarrangent pour créer de véritables harmonies, et mettre en valeur les voix et tonalités. De plus, ce groupe se compose tout de même de vrais talents: Kevin maîtrise remarquablement le beatbox (même lorsqu’il joue du violoncelle), et forme avec Avi, la basse profonde et chaleureuse adepte du chant diphonique[1], une base parfaite et solide, toujours a tempo, qui permet aux trois leaders vocaux de se répartir sereinement la voix et les accords. Ceux-ci ne sont d’ailleurs pas en reste, Kirstie étant capable de chanter sur 8 octaves, Mitch parvenant à atteindre d’incroyables aigus et sans oublier Scott, dont l’élocution (rapide) est sans pareille.

maxresdefaultEnsuite, leurs covers sont toujours dans l’air du temps, et de plus en plus éclectiques: passant de Gangnam style de Psy aux Daft Punk, et s’attaquant à Macklemore & Ryan Lewis pour Can’t hold us, Lorde pour Royals, Pharell Wiliams pour Happy ou dernièrement reprenant Cheerleader d’OMI. Cette dernière a été postée fin août et comptabilise déjà plus de 7 millions de vues! Ils savent également s’entourer, étant rejoints par Lindsey Stirling (mais si, vous savez, la violoniste qui fait des covers de musique de jeu vidéo, déguisée en Link![2]) pour Papaoutai de Stromae, en français M’sieur Dame!, et Radioactive de Imagine Dragon.

Enfin, outre leurs covers, ils produisent également de délicieux mashups, retraçant l’historique musical d’un chanteur (Michael Jackson, Beyoncé,…) ou de la musique elle-même, tout du moins de l’évolution des styles jusqu’à nos jours, c’est-à-dire du chant grégorien à Call me maybe.
C’est la vidéo dont parle notre cher Jakov dans son commentaire, Evolution of Music, dans laquelle ils enchaînent tout de même 34 extraits de musique, sans coupure et en une seule prise! Mais il me semble que nous sommes nombreux à l’apprécier, 70 000 000 vues, ce n’est pas rien.

Quoi qu’il en soit, j’encourage tout amateur de covers a cappella à se précipiter sur son moteur de recherche pour tapoter trois lettres sur son clavier, PTX, et faire plaisir à ses esgourdes! De toute façon, ce n’est pas moi qui le dit, c’est Walter Proof qui en parle dans sa chronique podcastienne le Walter’s Weakly Show[3], et trois fois, même! Quoi, vous ne connaissez pas Walter? Alors là je ne peux plus rien faire pour vous… Ou peut-être en parler dans un prochain article. En attendant, même le site du Wallstreet Journal[4] parle d’eux, c’est dire!

Alors allez ouvrir vos oreilles, faites-vous votre avis, et surtout… euh, surtout…!
J’ai oublié, mais faites-le quand même !

  1. Chant diphonique ou overtone singing: technique vocale permettant à une personne de produire un timbre vocal caractérisé par deux notes de fréquences différentes. « Ouais, ouais… Bouyaah! »
    Avi chantant le lion est mort ce soir  en overtone singing
  2. Vidéo Lindsey Stirling en Link
  3. WWSh 110 (podcast de Walter Proof)
  4. Article sur le site du Wall street journal
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Coconutwithacape
Auteur : Coconutwithacape

Se suffit à elle-même. Traque les fautes sans répit.