[News] Brassens – Lettres à Toussenot

« Mon cher vieux »

Prolongations!

A2Affiche_Guichet_CMJN_maijuin2Si vous êtes nés avant 2015, il y a des chances pour que vous ayez déjà entendu parler d’un certain Georges Brassens. Si vous appréciez le poète, alors vous saurez fredonner quelques-unes de ses chansons, connues ou pas. Mais que sait-on de l’artiste avant les trompettes de la renommée ? Souvent pas grand-chose et c’est précisément ce que présente la pièce Brassens : Lettres à Toussenot.

Un spectacle ambitieux, adapté par des passionnés du moustachu pour des passionnés. Le spectacle, précisons-le, conviendra également aux néophytes. Adapté de quoi ? Qui est donc ce Toussenot ?

BrassMuseRoger Toussenot est un grand ami de Brassens. Ils se rencontrent tous deux au siège du journal Le Libertaire, périodique anarchiste dans lequel les deux compères étaient très investis. On présente souvent Georges comme le poète, Roger comme le philosophe. Tous deux correspondirent de 1946 à 1951. A l’époque Brassens vivait dans une misère matérielle effroyable, hébergé par la Jeanne et l’Auvergnat à l’impasse Florimont, à Paris. Toussenot, lui, vivait à Lyon.

Le spectacle relate donc cette époque difficile de la vie de Brassens à travers les lettres qu’il envoyait au philosophe, son cher ami à qui il disait de sa plume magnifique : « Toi, tu es l’ami du meilleur de moi-même ». Ce même ami qui lui envoyait les timbres que Brassens ne pouvait s’acheter pour qu’il puisse lui répondre.

On y découvre un Brassens déjà très contestataire, idéaliste et dont les valeurs de l’amitié n’ont d’égal que son amour pour la littérature et la poésie. Il s’agit d’une correspondance au style très soigné (et non sans humour), à faire pâlir les académiciens les plus lettrés.

IMG_3549 copieLa pièce se présente comme un huis clos, l’intégralité se déroulant dans la modeste chambre de Brassens. Voici d’ailleurs un point fort du spectacle. De la scénographie à la mise en scène, le parti pris est la modestie, s’accordant parfaitement à la personnalité du chanteur. Laure-Estelle Nézan, comédienne, amène le juste grain de folie qu’il fallait pour ne pas être dans le tout intellectuel en incarnant la muse de Brassens. Celle-ci ponctue également le spectacle des premières chansons composées ce qui, en plus d’amener une légèreté et de l’esthétique, offre une vision nouvelle des textes. Celles-ci sont en effet interprétées dans le contexte de leur création qui permet de les saisir de façon bien plus éclairée. Par exemple, on entendra différemment P… de toi ou Corne d’Aurochs.

La compagnie Je Suis Ton Père initiera donc non pas à la Force mais à ce pan de la vie de Brassens très intéressant et très méconnu, le tout dans un bain de caresses pour l’oreille, tant par le style littéraire que par les musiques interprétées. Spectacle plus que conseillé à quiconque affectionne le pornographe, de loin ou encore plus de près.

 

Info pratique, la pièce a été prolongée et se jouera du 8 mai au 14 juin, à 19h, au guichet Montparnasse à Paris.

Plus d’infos sur la compagnie et le projet : https://fr-fr.facebook.com/JeSuisTonPeretinTinTinTinTintinTinTintin

« Deviens l’artisan de ton âme, le musicien de ton silence, l’écrivain de ton génie »

Succube

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Hans Gnuj
Auteur : Hans Gnuj

(Ma première voiture c'était une Peugeot, et un jour mes cousins sont allés dormir chez ma grand-mère.) Normophobe refusant de se soigner. Addict aux concepts, à l’impermanence et au fromage. Fasciné par les canards et les cantatrices chauves.