[Critique] Broadchurch

C’est anglais, mais c’est bon!

Broadchurch 2
evaluomatic_4,5

17 février, 20h30, il fait froid, il pleut, Guly et associés cherchent le programme de la soirée. Au sein du néant télévisuel habituel, une lueur d’espoir : Broadchurch. On est au bord de la falaise, on hésite, et on saute à pieds joints.

Une petite communauté se retrouve sous les projecteurs des médias après la mort d’un petit garçon. Deux enquêteurs sont chargés de résoudre cette affaire délicate, tout en essayant de garder la presse à distance et de préserver le tourisme. Face à un tel drame, les habitants commencent à s’épier les uns les autres, faisant remonter à la surface bien des secrets… (Allociné)

 Première qualité : la bande-annonce de France 2 (chaîne de diffusion française) accroche, et c’est plutôt rare sur le service public. Malgré les voix-off françaises qui en repousseraient plus d’un, la BA nous attire telle un chant de sirène britannique, nous promettant de la haute qualité à l’image de Sherlock. Et elle ne nous a pas menti (sinon, on déclarait l’ouverture de la pêche!).

Broadchurch 3

Quand on pense série britannique, si on doit être honnête, on pense « physique britannique » (allez on assume), pour preuve : Benedict Cumberbatch (Sherlock), Colin Morgan (Merlin) et l’intégralité des acteurs de Doctor Who ; mais ce physique « particulier » sert souvent un jeu d’acteur précis et juste. Broadchurch ne déroge pas à la règle avec David Tennant (Doctor Who de 2005 à 2008), David Bradley (Game of Thrones, Harry Potter), et la révélation (pour ma part) Olivia Colman (Mariage à l’anglaise, La dame de fer) ; mais c’est surtout leur talent qui saute aux yeux (talent honteusement outragé par un doublage VF minable).

Dès les premières minutes, les personnages sonnent vrais ; avec une légère exception à mon goût pour l’inspecteur joué par D.Tennant (mais je n’exclus pas d’être hermétique à cet acteur). La lieutenant Ellie Miller (O.Colman) est l’atout émotion de cette série ; elle ne surjoue pas, toutes nos émotions sont calquées sur les siennes, permettant une catharsis parfaite. Le duo fonctionne à merveille, même si il reste très classique : sentimentalisme hyper-impliqué vs analyse froidement détachée.

Broadchurch 3

L’intrigue est subtilement menée. Bon j’avoue, en aficionados des thrillers, je redoutais les écueils classiques ; mais à chaque fois qu’apparaît dans notre tête le warning « Forcément c’est lui/elle, classique ! », le scénario rebondit. Un joli bijou de « Mais put…, c’est qui??!! ». Le format très court de la série (8 épisodes de 45min) donne un rythme suffisamment équilibré pour éviter les épisodes bouche-trou, mais permettre un temps de résolution plus crédible que dans les autres séries du genre. Fun facts n°1 : très peu d’acteurs et de membres de l’équipe étaient au courant de l’identité de l’assassin, qui n’a été révélée que quelques jours avant la fin du tournage, y compris à l’interprète du rôle.

La photographie et l’ambiance sont magnifiques, tout autant que glauquissime. Les jeux de lumière oscillent entre beauté contemplative et désespoir dévorant. On veut aller à Broadchurch, tout autant que l’on veut en fuir ; c’est délicieusement triste. Fun facts n°2 : la falaise au pied de laquelle est découvert le corps du petit garçon fait partie d’un ensemble de sites naturels inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO (tu m’étonnes, John!).

 Après toutes ces louanges, le message est clair : à voir absolument. Et des félicitations particulières pour cette excellente programmation de France 2 (comme quoi quand on veut!).

 

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Le point Guly
Auteur : Le point Guly

Alterne entre licornophilie et serial-killer-mania. Souvent considérée comme une stupide créature mythologique. A une mortelle ennemie : la pâte d’amande.